PROJET
Aubry-le-Panthou
LIEU
Cdc de Vimoutiers, Orne, France

Église Saint-Germain-l’Auxerrois, XVIIIe siècle

Erigée au XVIIIe siècle sur le flanc d’un vert vallon normand, la nouvelle église d’Aubry-le-Panthou témoigne d’un courant de pensée propre au siècle des Lumières. Véritable désert de verdure, la famille d’Osmond investit pleinement ce territoire encore vierge de savoir et de culture. L’église et le premier château d’Osmond sont ainsi construits dans la première moitié du XVIIIe siècle. Ces nouvelles constructions participent de ce phénomène récurrent en Normandie, territoire proche de Paris et non loin de l’Angleterre. De nombreuses familles proches du Roi s’établissent dans la région et diffusent un certain savoir dans ces territoires à l’écart. Ce grand moment de culture perdure également au siècle suivant avec Charles Eustache Gabriel marquis d’Osmond, frère de la célèbre comtesse de Boigne, connue pour son salon et son ouvrage témoin de la monarchie de Juillet, Récits d’une tante, Mémoires de la comtesse de Boigne, née d’Osmond. Désirant édifier un nouveau château, Charles Eustache Gabriel fait appel à l’architecte parisien Caron, qui réalise sa demeure en 1860. Bel ouvrage éclectique, le nouveau château se situe désormais à proximité du centre bouddhiste Vajradhara-Ling, installé dans le premier château depuis 1971.

La construction s’étant déroulée en un seul temps de 1736 à 1738 et le mobilier ayant pu prendre place à la suite, l’église Saint-Germain-L’Auxerrois constitue une belle unité. Définie par un plan allongé et simple, elle est constituée d’un vaisseau unique remarquable. La tour-clocher s’élance pour porter une charpente couronnée d’un élégant lanternon. Faits de pierres de roussard et de moellons, les murs gouttereaux nord et sud sont rythmés par cinq fenêtres en plein-cintre et quatre contreforts. Cette homogénéité admirable de l’édifice se retrouve à l’intérieur : un faux appareillage peint d’origine habille les parois ; la voûte lambrissée est peinte au pochoir sur une alternance de couleurs claires et foncées, rehaussées par une teinte soit bleutée soit dorée du couvre-joint. Les vitraux aux décors géométriques et aux lignes épurées donnent une lumière tamisée ; quatre grands lustres en verre moulé éclairent le narthex, la nef puis le chœur. L’église Saint-Germain-L’Auxerrois est un véritable témoignage de l’architecture du siècle des Lumières dont les dispositions d’origine sont demeurées intactes.

300 ans après sa construction, l’église a désormais besoin d’être restaurée. La commune d’Aubry-le-Panthou aidée par l’association L’Auber-Pantholienne a délibéré afin de débuter la restauration de l’église cette année.

D’importants problèmes structurels viennent perturber cette belle homogénéité : la disparition d’un entrait et les poussées régulières de charpente désorganisent progressivement la structure maçonnée.

La restauration de la toiture du vaisseau est donc au centre des préoccupations. Quelques pièces de bois sont désassemblées : un tirant de bois est à remettre en place au niveau du chœur et une révision générale des pieds de charpente à chevrons formant ferme est nécessaire. C’est principalement au niveau de l’arase des murs gouttereaux que quelques fissures naissent et viennent fracturer par endroits le mur dans toute sa hauteur.

Après avoir restauré l’ensemble de la structure charpentée, le projet prévoit de restituer la couverture d’origine en tuiles plates. La mise en place de cette toiture viendra changer l’aspect général de l’église pour lui redonner ses dispositions d’origine.

Maître d’ouvrage

Commune d’Aubry-le-Panthou

Opération

Restauration