PROJET
Armentières-sur-Avre
LIEU
France

église Saint-Martin

Armentières-sur-Avre, Eure

L’état extrêmement préoccupant du clocher a amené la commune d’Armentières-sur-Avre à mettre en place avec l’atelier Touchard un dispositif d’étaiement pour sécuriser l’édifice, ceci afin d’éviter tout risque d’effondrement. La mise en sécurité est désormais effective.

Suite à cette première opération, le travail de restauration peut désormais débuter. Il s’agit de restaurer la hauteur initiale du clocher d’après les traces archéologiques décelées sur place.

Composée de trois volumes distincts édifiés au fil des siècles, l’église d’Armentières-sur-Avre est une belle construction d’origine romane du XI-XIIe siècle. De cette période ancienne subsiste un édifice toujours en place, bien qu’il ait subi de nombreuses modifications à de multiples reprises : les murs actuels du chœur de l’église Saint-Martin sont les vestiges préservés de l’église primitive. Issus des premiers temps de la construction, les contreforts plats en pierre de roussard et les baies étroites et hautes sont caractéristiques de la période romane. On peut également admirer la belle qualité du mortier de pose ainsi que celle des enduits anciens dont le savant mélange rayonne encore sous le soleil, de même que les moellons de calibre homogène scellés en assise régulière. Conçue plus tardivement, à la fin du XVe ou au cours du XVIe siècle, la charpente à chevrons formant ferme du chœur révèle de belles sections de bois et des assemblages parfaitement réalisés.

C’est vraisemblablement après la guerre de Cent Ans que cette première construction du XI-XIIe siècle devenue trop exiguë est agrandie. Volumineuse et ornée de fleurs de lys peintes, une nef gothique est ainsi construite au XVe siècle. Elle modifie alors considérablement la silhouette de l’édifice : l’église primitive devient le chœur de ce nouvel ouvrage. De cette construction gothique subsistent encore quelques éléments lisibles, notamment les contreforts en grès et les baies à remplage sur le mur gouttereau nord. Tout comme le chœur, l’intérieur de la nef révèle une belle harmonie : aménagé au XVIIIe siècle, le mobilier bercé par une douce lumière donne une grande cohérence à l’édifice.

A l’intérieur de la nef, le clocher vraisemblablement érigé au XVIe siècle est composé de trois éléments charpentés : un tabouret, un fût octogonal puis une flèche. Une flèche de très grande dimension est ainsi érigée : symbole manifeste de la royauté, une grande croix ornementée d’un soleil en son centre et de fleur de lys à ses extrémités est placée à son sommet.

Chaque partie de l’église est donc édifiée à une époque précise, et ces trois volumes sont alors des témoignages précieux de ces différents moments de l’histoire.

Le projet de restauration de cet édifice consiste à restaurer la flèche du clocher afin de retrouver son élancement originel et la vêture de sa première peau, à savoir une couverture en bardeaux de châtaigner. La restauration de la nef prévoit également une dépose complète de sa charpente. Le clocher, dans son basculement, l’a déversée vers l’ouest. A l’intérieur, les peintures sur les murs seront restaurées, et plus particulièrement le décor à fleur de lys : l’ensemble de la nef reçut malheureusement, sans doute à la fin du XVIIIe siècle, un large badigeon blanc pour couvrir ces motifs. Les murs du chœur nécessitent également une restauration, mais légère, destinée à conserver le plus d’éléments possibles de l’église primitive.

Maître d’ouvrage

Commune d’Armentières-sur-Avre

Opération

Restauration